Des écrits de Terlon

Les Terlon ont toujours aimé écrire, et les générations présentes et à venir leur en sont reconnaissantes. Pour marquer cela, voici quelques extraits au travers du temps.

Claude de Terlon, 1540

Chant royal sur la passion de Nostre Seigneur Jésus-Christ

Quand Apollo vint délivrer le monde
Du grand Phiton, serpent pernicieux,
Il transmua Daphné, sa mye blonde,
En un laurier, arbre délicieux;
Lequel planta dans un plaisant champestre
Pour y fleurir et sur tous arbres croistre,
Le conservant verd éternellement
De la challeur du soleil véhément.
Verte couleur avoit si souveraine
Que chacun doibt le nommer haultement
L’arbre fleury au céleste domaine.
[....]

Marcel Terlon, 1980

Durant la première guerre mondiale

[...]

Mon père a dû rentrer en FRANCE pour être mobilisé. Il est parti immédiatement, me laissant à VIENNE avec ma grand-mère (sa maman) qui était venue nous rejoindre pour quelques jours.
Ma grand-mère était Suisse. Elle y avait toute sa famille. C’est donc à destination de ce pays que nous avons pris le train.

Marcel Terlon en 1913 [...]

Comme il n’y avait pas d’appartement disponible lors de notre arrivée, on nous avait aménagé trois mansardes sous les toits. "Provisoirement" s’entend ! Mais étant donné que le provisoire, comme chacun sait, dure généralement très longtemps, nous y avons vécu quatre ans...
Durant ces 4 années, je suis naturellement allé à l’école. J’ai donc appris à lire et écrire en français. J’ai appris également la géographie et l’histoire de la SUISSE. Guillaume TELL et les BALLIS, mais c’était plus agréable pour moi que l’histoire de l’AUTRICHE à laquelle je ne m’étais jamais vraiment intéressé.

[...]

La guerre étant finie, nous sommes revenus en FRANCE. Je me souviens qu’à ANNEMASSE, les gens me regardaient un peu de travers car je portais un costume tyrolien. Faut-il être bête !

Hugues de Terlon, 1661

Arrivée au siège de Piotrkow, 1656

Hugues de Terlon [...]

Je me rendis sur la fin du même mois de février au siège de Piotrkow, avec le sieur Silverkron, envoyé de la reine de Suède Christine Alexandra, le sieur d’Obregenski, envoyé de l’électeur de Brandebourg, et le sieur Paul, envoyé de l’électeur Palatin de Heidelberg, qui m’avaient joint pour passer à la faveur de mon escorte.

En arrivant au quartier du roi de Suède, je vis ce prince qui revenait de donner ses ordres pour presser l’attaque de la place. Le lendemain que je fus arrivé, le comte d’Avaugour, ambassadeur de Votre Majesté, me présenta au roi de Suède, à qui je fis ses compliments sur le sujet de mon voyage, et sur le présent que je lui portais, d’une riche et magnifique tenture de tapisserie, avec un service entier de vermeil doré.

Je pris occasion dans mon discours, ayant su comme ce prince se hasardait dans ce siège, de lui faire connaître que Votre Majesté m’avait commandé de lui dire de se mieux conserver et de ne pas exposer, comme il faisait à tant de dangers sa personne royale qui lui était tout à fait chère. Ce prince me témoigna par sa réponse qu’il recevait les marques des soins et de l’amitié de Votre Majesté avec une satisfaction extraordinaire. Il eut même la bonté de me dire, qu’il était bien aise de me voir arrivé en sûreté, et qu’il avait beaucoup appréhendé pour moi dans la longueur de la marche que j’avais faite pour le joindre, qui ne pouvait pas être sans danger dans un pays tout couvert de gens de guerre, de l’un et l’autre parti. [...]

Georges Terlon, 2004

Georges Terlon avec sa première voiture, en 1956

Le permis de conduire, 1956

[...]

Nous sommes à Toulon tous les candidats avec le moniteur d’auto école. Arrive l’inspecteur qui s’engouffre dans la voiture école, une 4 Cv Renault. L’ordre de passage étant l’ordre alphabétique je suis le dernier fort heureusement pour les autres. J’ai tout le temps d’observer et d’écouter les commentaires. Ceux qui sortent de la voiture avec le papier rouge le trouvent très bien, et ceux avec le papier jaune veulent le pendre, rien de très rassurant. Vient mon tour, je m’installe aux commandes, le moniteur nous a bien recommandé de régler le rétroviseur dans le but de lui montrer qu’on s’intéresse aussi à ce qui se passe derrière. Faisant cela je ne réussi qu’a l’agacer (probablement parce que je suis le 15e candidat qui fait la même comédie) d’un air bourru il commande - allez démarrez je m’exécute - plus vite j’obéi - plus vite j’obéi encore -plus viiiite cette fois j’enfonce franchement l’accélérateur au plancher. Je trouve un peu bizarre qu’il insiste ainsi sur la vitesse, mais puisqu’il veut ça allons y. nous sommes en ville sur une voie peu fréquentée, il est vrai, mais tout de même le compteur accuse déjà 80 km heure. Il reste silencieux quelques secondes puis subitement - à gauche. Sans hésitation d’un grand coup de volant et sans freiner je transforme la 4 Cv en toupie qui après 3 rotations vient buter du pneu arrière droit sur l’arrête vive d’un trottoir. Il explose (le pneu) la voiture se soulève sur le coté droit, hésite un court instant puis retombe sur ses 4 roues. Nous sommes arrêtes. Le monsieur à coté de moi triture sa serviette, il est aphone. A cette minute là je devine quelle va être la couleur du papier qu’il va me donner. Il regarde droit devant lui, il ne me voit pas. Je remplace la roue comme un grand mais lui ne sors pas du véhicule. Fort heureusement la voiture est en position de retour. Sans attendre ses ordres qu’il n’est plus en état de donner, je remets le moteur en marche et retour vers la case départ. En sortant de la voiture je brandis le certificat d’ajournement jaune.

La session suivante, huit jours plus tard, dès mon entrée dans la voiture, je remarque le regard inquiet de Mr Zimmermann (c’est son nom) Visiblement il n’a pas oublié les émotions de la semaine dernière. Il ne me demande même pas mon nom -Démarrez ! J’oubli de régler le rétroviseur. Je démarre lentement sans à coups, il ne me demande pas d’accélérer. Deux cents mètres plus loin - arrêtez-vous là à droite sitôt arrêté il ouvre la portière pour contrôler à combien de centimètres se trouve le trottoir. -faites demi-tour j’exécute la manoeuvre, puis il dit - Nous retournons au point de départ. Je suis catastrophé, je me suis pourtant appliqué, pourquoi me recaler aussi vite, il n’a probablement pas digéré l’accident de la semaine dernière. Je stoppe devant le moniteur ébahi de nous voir revenir aussi rapidement. J’ouvre la portière pour sortir sans attendre le papier jaune, lorsque j’entends - tenez et soyez prudent. Je dois avoir un problème de vue car il me semble que le papier est rose. Oui c’est bien le permis, la surprise est grande, je ne suis pas sur d’avoir dit merci. [...]