
Les Terlon ont toujours aimé écrire, et les générations présentes et à venir leur en sont reconnaissantes. Pour marquer cela, voici quelques extraits au travers du temps.
Mon père a dû rentrer en FRANCE pour être mobilisé. Il est parti immédiatement, me laissant à VIENNE avec ma grand-mère (sa maman) qui était venue nous rejoindre pour quelques jours.
Ma grand-mère était Suisse. Elle y avait toute sa famille. Cest donc à destination de ce pays que nous avons pris le train.
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Comme il ny avait pas dappartement disponible lors de notre arrivée, on nous avait aménagé trois mansardes sous les toits. "Provisoirement" sentend ! Mais étant donné que le provisoire, comme chacun sait, dure généralement très longtemps, nous y avons vécu quatre ans...
Durant ces 4 années, je suis naturellement allé à lécole. Jai donc appris à lire et écrire en français. Jai appris également la géographie et lhistoire de la SUISSE. Guillaume TELL et les BALLIS, mais cétait plus agréable pour moi que lhistoire de lAUTRICHE à laquelle je ne métais jamais vraiment intéressé.
La guerre étant finie, nous sommes revenus en FRANCE. Je me souviens quà ANNEMASSE, les gens me regardaient un peu de travers car je portais un costume tyrolien. Faut-il être bête !
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Je me rendis sur la fin du même mois de février au siège de Piotrkow, avec le sieur Silverkron, envoyé de la reine de Suède Christine Alexandra, le sieur dObregenski, envoyé de lélecteur de Brandebourg, et le sieur Paul, envoyé de lélecteur Palatin de Heidelberg, qui mavaient joint pour passer à la faveur de mon escorte.
En arrivant au quartier du roi de Suède, je vis ce prince qui revenait de donner ses ordres pour presser lattaque de la place. Le lendemain que je fus arrivé, le comte dAvaugour, ambassadeur de Votre Majesté, me présenta au roi de Suède, à qui je fis ses compliments sur le sujet de mon voyage, et sur le présent que je lui portais, dune riche et magnifique tenture de tapisserie, avec un service entier de vermeil doré.
Je pris occasion dans mon discours, ayant su comme ce prince se hasardait dans ce siège, de lui faire connaître que Votre Majesté mavait commandé de lui dire de se mieux conserver et de ne pas exposer, comme il faisait à tant de dangers sa personne royale qui lui était tout à fait chère. Ce prince me témoigna par sa réponse quil recevait les marques des soins et de lamitié de Votre Majesté avec une satisfaction extraordinaire. Il eut même la bonté de me dire, quil était bien aise de me voir arrivé en sûreté, et quil avait beaucoup appréhendé pour moi dans la longueur de la marche que javais faite pour le joindre, qui ne pouvait pas être sans danger dans un pays tout couvert de gens de guerre, de lun et lautre parti. [...]
Nous sommes à Toulon tous les candidats avec le moniteur dauto école. Arrive linspecteur qui sengouffre dans la voiture école, une 4 Cv Renault. Lordre de passage étant lordre alphabétique je suis le dernier fort heureusement pour les autres. Jai tout le temps dobserver et découter les commentaires. Ceux qui sortent de la voiture avec le papier rouge le trouvent très bien, et ceux avec le papier jaune veulent le pendre, rien de très rassurant. Vient mon tour, je minstalle aux commandes, le moniteur nous a bien recommandé de régler le rétroviseur dans le but de lui montrer quon sintéresse aussi à ce qui se passe derrière. Faisant cela je ne réussi qua lagacer (probablement parce que je suis le 15e candidat qui fait la même comédie) dun air bourru il commande - allez démarrez je mexécute - plus vite jobéi - plus vite jobéi encore -plus viiiite cette fois jenfonce franchement laccélérateur au plancher. Je trouve un peu bizarre quil insiste ainsi sur la vitesse, mais puisquil veut ça allons y. nous sommes en ville sur une voie peu fréquentée, il est vrai, mais tout de même le compteur accuse déjà 80 km heure. Il reste silencieux quelques secondes puis subitement - à gauche. Sans hésitation dun grand coup de volant et sans freiner je transforme la 4 Cv en toupie qui après 3 rotations vient buter du pneu arrière droit sur larrête vive dun trottoir. Il explose (le pneu) la voiture se soulève sur le coté droit, hésite un court instant puis retombe sur ses 4 roues. Nous sommes arrêtes. Le monsieur à coté de moi triture sa serviette, il est aphone. A cette minute là je devine quelle va être la couleur du papier quil va me donner. Il regarde droit devant lui, il ne me voit pas. Je remplace la roue comme un grand mais lui ne sors pas du véhicule. Fort heureusement la voiture est en position de retour. Sans attendre ses ordres quil nest plus en état de donner, je remets le moteur en marche et retour vers la case départ. En sortant de la voiture je brandis le certificat dajournement jaune.
La session suivante, huit jours plus tard, dès mon entrée dans la voiture, je remarque le regard inquiet de Mr Zimmermann (cest son nom) Visiblement il na pas oublié les émotions de la semaine dernière. Il ne me demande même pas mon nom -Démarrez ! Joubli de régler le rétroviseur. Je démarre lentement sans à coups, il ne me demande pas daccélérer. Deux cents mètres plus loin - arrêtez-vous là à droite sitôt arrêté il ouvre la portière pour contrôler à combien de centimètres se trouve le trottoir. -faites demi-tour jexécute la manoeuvre, puis il dit - Nous retournons au point de départ. Je suis catastrophé, je me suis pourtant appliqué, pourquoi me recaler aussi vite, il na probablement pas digéré laccident de la semaine dernière. Je stoppe devant le moniteur ébahi de nous voir revenir aussi rapidement. Jouvre la portière pour sortir sans attendre le papier jaune, lorsque jentends - tenez et soyez prudent. Je dois avoir un problème de vue car il me semble que le papier est rose. Oui cest bien le permis, la surprise est grande, je ne suis pas sur davoir dit merci. [...]